Wednesday, November 10, 2004

L'islamisme brise le modèle hollandais

Des centaines de personnes rassemblées devant des écrans géants, retransmission en direct à la télévision et à la radio publiques, un vice-premier ministre parmi les proches : le cinéaste provocateur Theo Van Gogh, assassiné au nom de l'islam radical, a eu droit à des funérailles presque nationales, mardi, aux Pays-Bas.

C'était le pays le plus tolérant du monde. C'est en tout cas ainsi que les Pays-Bas se rêvaient. Un «jardin hollandais multiculturel», où les communautés, protestante, juive, musulmane ou gay, cohabitent en liberté. Un pays qui avait ouvert en grand ses portes à l'immigration étrangère, supprimé les cartes d'identité et misé sur la «police sociale» et la libéralisation des drogues pour réduire la délinquance.

Les Néerlandais s'offensaient de voir des pays plus «policiers», comme la France, dénoncer une forme de naïveté politique, voire d'inconscience. Présentant les banlieues françaises comme un repoussoir, les Pays-Bas étaient fiers de voir leurs ministres se rendre en vélo à leur travail en toute sérénité.


L'assassinat en pleine rue, mardi dernier, par un jeune Marocain de la deuxième génération, lié à des réseaux islamistes radicaux, du cinéaste Theo Van Gogh, personnage provocateur auteur d'un pamphlet sur l'islam, n'en a été que plus ravageur, dans une société qui croyait avoir résolu pour de bon les problèmes d'identité et de religion.

Le fait que l'on ait retrouvé sur le corps de la victime un document annonçant d'autres cibles, notamment parmi des députés, a traumatisé l'opinion. Et les actes racistes perpétrés par des extrémistes néerlandais contre des mosquées et une école musulmane en réaction au meurtre ont ajouté au désarroi général.


Ebahis, les Néerlandais réalisent que leur fameux «modèle» a volé en éclats et qu'un dangereux fossé se creuse entre les Néerlandais de souche et leur communauté musulmane, forte de 900 000 âmes sur 16 millions d'habitants. Beaucoup s'inquiètent d'une montée des extrêmes, menaçant l'idéologie de tolérance qui constituait le socle politique et social du pays. «Dans un pays où tout est modéré, l'alarmisme des derniers jours est frappant, note un observateur occidental. Après avoir dit longtemps qu'il n'y avait aucun problème, on entend les politiciens affirmer que le pays est en guerre.»


Selon un sondage publié hier par plusieurs journaux régionaux, quelque 40% des Néerlandais souhaitent que les musulmans ne se sentent plus chez eux aux Pays-Bas, tandis que 90% réclament un renforcement de la lutte contre le terrorisme, même au détriment des libertés individuelles. 80% des personnes interrogées veulent une politique d'intégration «plus dure». Il s'agit là d'«un énorme durcissement et d'une grande polarisation», commentait hier le quotidien Brabants Dagblad.

Cela fait en réalité plus de deux ans que ce tremblement de terre politique est en cours. La première secousse, décisive, avait eu lieu en 2002, année qui avait vu la montée en puissance de Pim Fortuyn puis son brutal assassinat.


Surgi sur une scène politique néerlandaise assoupie, osant lier le succès de l'intégration à un strict contrôle de l'immigration, cet homosexuel libertaire favorable à la laïcité à la française s'attaqua au modèle communautaire et aux «dangers» d'un «islam arriéré». «Les Pays-Bas sont pleins», osait-il.

Au pays du politiquement correct, c'était un coup de tonnerre. Quelques mois plus tard, Pim était assassiné par un Néerlandais illuminé, membre d'une association de défense des animaux.


Mais l'incroyable succès remporté par son tout jeune parti montra qu'il avait vu juste. Depuis, le monde politique ne parle plus que de défendre les «valeurs néerlandaises» et d'«instaurer une distinction très claire entre tolérance et laisser-faire», note l'intellectuel Paul Scheffer. Le parti chrétien-démocrate du premier ministre, Jan Balkenende, s'est allié au parti libéral VVD pour durcir la politique d'immigration et mettre à l'ordre du jour la «tolérance zéro» en matière de sécurité. Le nombre de déboutés du droit d'asile est en forte augmentation.


Beaucoup d'intellectuels immigrés ont participé à ce séisme politique. Et parmi eux, Ayaan Hirshi Ali, députée musulmane d'origine somalienne, devenue un symbole de la lutte contre l'islam radical. «Les Pays-Bas se sont vus comme un modèle de tolérance, mais cantonner les immigrés dans leurs communautés, laisser les femmes musulmanes prisonnières du carcan fondamentaliste et de l'excision, est-ce de la tolérance ou de l'aveuglement ?», tempête la jeune femme, qui est gardée vingt-quatre heures sur vingt-quatre par des policiers, en raison des menaces de mort qu'elle ne cesse de recevoir.


L'assassinat du cinéaste Van Gogh, avec lequel Hirshi Ali avait réalisé un film controversé, a remis à l'ordre du jour la question de la sécurité de la députée, le Parlement n'étant pas sécurisé contre de possibles attaques terroristes.

Au-delà de cette question, la classe politique semble avoir le plus grand mal, en raison de ses traditions, à trouver une réponse pragmatique. «Ce vide politique profite à l'extrême droite, qui occupe le terrain», s'inquiète un observateur occidental. Il y a pourtant fort à faire, notamment en matière de législation antiterroriste, ajoute-t-il. Jusqu'au mois d'août dernier, la qualification pour crime terroriste n'existait même pas en droit hollandais. «La répression n'était pas pour nous, car nous pensions que le Djihad était réservé aux autres, pas aux Pays-Bas, note une journaliste hollandaise. C'est la fin d'une illusion.»
Laure Mandeville
[10 novembre 2004]
Le Figaro

Thursday, October 28, 2004

Le prêcheur vedette des banlieues professe un antisémitisme virulent



Cécilia Gabizon
[28 octobre 2004]
Le Figaro

Deux heures de pure haine contre les Juifs. Dans une cassette en français vendue sous le titre Palestine, histoire d'une injustice, le prédicateur Hassan Iquioussen déploie tranquillement toute la phraséologie judéophobe coutumière à certains islamistes (voir ci-dessous).


Or Hassan Iquioussen n'est pas un obscur excité. Cet homme d'une quarantaine d'années est l'un des prédicateurs vedettes de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans). Les dirigeants de l'UOIF n'ont pas souhaité s'exprimer sur cette cassette.


Peu connu du grand public, Hassan Iquioussen est très populaire auprès des jeunes musulmans et ses interventions au rassemblement annuel de l'UOIF au Bourget sont particulièrement suivies. Son audience dépasse les cercles de l'UOIF. Car depuis qu'il a abandonné ses études au stade d'un DEA d'histoire, il y a près de quinze ans, il se consacre à la diffusion de l'islam. On le considère comme l'un des pionniers de la reconquête religieuse chez les enfants de l'immigration.


En plus de ses interventions dans les locaux de l'UOIF à La Courneuve où il forme des militants et donne des conférences, il parcourt le nord de la France et la région parisienne de salles municipales en locaux associatifs sans oublier les mosquées pour porter la bonne parole.


Des milliers d'auditeurs assistent à ses prêches, où hommes et femmes l'écoutent séparés. Ses conférences, éditées par la maison Tawhid, se vendent à des milliers d'exemplaires. Dans un style populaire, racontant des épisodes du Coran en mêlant la gouaille et les expressions en arabe, Hassan Iquioussen se présente comme prédicateur de la banlieue. Une sorte de Tariq Ramadan des quartiers, né à Lille dans une famille d'immigrés marocains.


Élevé dans la tradition plus que dans la religion, cet autodidacte commence son parcours militant avec la révolution iranienne de 1979. Encore adolescent, il décide d'épouser la cause de l'islam et des musulmans. Une licence d'arabe, une maîtrise d'histoire, des lectures assidues, la fréquentation intense d'étudiants étrangers aboutissent au militantisme. Il s'investit dans la Ligue islamique du Nord, qui représente l'UOIF localement, et participe à la fondation des Jeunes Musulmans de France, une autre structure de la mouvance UOIF. Très vite, il devine les attentes des jeunes issus de l'immigration en quête d'identité. «Ils veulent renouer avec leurs racines que certains ont voulu leur extirper», affirme le conférencier au site Internet musulman Saphirnet. A des adolescents parfois rebelles et souvent désemparés, il dresse alors un portrait flatteur du musulman : «Plus honnête que les autres, fraternel, bon citoyen. L'islam interdit même de frauder dans le métro.» Ce discours de la morale, où l'islam s'immisce partout, a séduit des maires qui l'accueillent dans leurs communes. Ceux-ci ne devaient pas savoir que la contrepartie à son enseignement de la morale version islamique s'appelait la haine des Juifs.

Dans sa conférence «La Palestine, histoire d'une injustice», le prédicateur compare le Hamas à Jean Moulin
«Les Juifs ne cesseront de comploter contre l'islam»


C. G.
[28 octobre 2004]


Sous le titre La Palestine, histoire d'une injustice, une conférence en français du prédicateur Hassan Iquioussen, enregistrée il y a dix-huit mois, est une véritable charge antisémite. Vendue dans des librairies musulmanes et via Internet sous forme de cassette, cette causerie dresse un portrait haineux et nauséabond des Juifs : «ingrats», «avares», des gens qui vivent «entre eux, dans des ghettos car ils ne veulent pas se mélanger aux autres qu'ils considèrent comme des esclaves». S'ensuit une litanie d'accusations, liées à des épisodes du Coran : les Juifs «ont toujours méprisé les êtres humains» et «n'ont aucun scrupule à tuer des prophètes». Le prédicateur raconte notamment comment une juive a tenté d'empoisonner le prophète pour vérifier s'il était vraiment l'envoyé de Dieu. Mahomet survécut et pourtant, «elle ne s'est pas convertie. Voyez l'entêtement». Les Juifs «ne respectent rien», poursuit-il. Ils sont «le top de la trahison et de la félonie». Depuis ce temps, «les Juifs ne cesseront de comploter contre l'islam et les musulmans».


Les caractéristiques des Juifs expliqueraient, selon lui, l'actuelle situation de la Palestine. Félons, les sionistes auraient ainsi poussé «Hitler à faire du mal aux Juifs allemands pour les forcer à partir», affirme le conférencier. Car, «le but des Juifs c'est de faire Eretz Israël, du Nil à l'Euphrate, du sud de la Turquie jusqu'à Medine. Ils ont sorti des pièces de monnaie, des cartes du grand Israël, c'est connu, ça», insiste-t-il devant un public que l'on devine étudiant et qui ne proteste pas. Les Arabes ayant tenté de faire la paix avec Israël sont qualifiés de «traîtres». Le président égyptien Anouar el-Sadate est dénigré comme un «agent américain». Yasser Arafat et ses hommes sont présentés comme des dépravés, le chef de l'OLP discutant en secret depuis des années avec l'État hébreu. Seuls les vrais musulmans, les «martyrs», «moudjahidins» défendent, à l'entendre, les Palestiniens. Ces croyants ont créé le Hamas, qui signifie, selon Iquioussen, «ferveur, entrain, la pêche. Ces sont des gens qui vont jusqu'au bout. La branche armée travaille très bien. Elle fait du bon boulot».


Pour légitimer les attentats commis par cette organisation, le prédicateur la compare à Jean Moulin : «Un héros qui a tué des Allemands pour libérer son pays. C'est ce que font les Palestiniens. Ahmed Yacine, c'est Jean Moulin.» Et de conclure : «Israël est un État qui n'a pas lieu d'être.»


Interrogé, Yamin Makri, le directeur des éditions Tawhid qui diffuse la cassette, se désole : «Un auditeur nous a alertés. Exceptionnellement, nous n'avions pas vérifié le contenu de la cassette.» Ce responsable proche de Tariq Ramadan et du Collectif des musulmans de France affirme avoir donné des ordres, il y a huit mois, pour que cette cassette soit retirée de la vente. Elle est pourtant en vente.


Joint au téléphone, Hassan Iquioussen semble en revanche assumer :«Je décris des épisodes relatés dans le Coran. Vous ne voulez pas abroger le Coran ?» Il propose cependant d'en débattre en public. «Qu'on me prouve que j'ai tort et je changerai d'avis !»


Wednesday, October 20, 2004

La Ligue Arabe invite l'Espagne à présenter son "alliance des civilisations"



La Ligue Arabe invite l'Espagne à présenter son "alliance des civilisations"
MADRID, 20 oct (AFP)
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a invité par écrit le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos à venir présenter formellement à l'organisation basée au Caire l'idée espagnole d"une alliance des civilisations" pour lutter contre le terrorisme.

M. Moratinos, qui a fait cette annonce mercredi au Sénat, à Madrid, est pleinement disposé à répondre favorablement à l'invitation de la Ligue arabe, a indiqué l'un de ses porte-parole, selon lequel aucune date n'est encore fixée.

Le chef de la diplomatie espagnole a assuré au Sénat que l'initiative exposée en septembre à l'ONU par le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero pour une "alliance de civilisations entre le monde occidental et le monde arabo-musulman" avait également été reçue avec un "énorme" enthousiasme par le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan.

Certains pays européens et les 22 pays du monde arabe où l'Espagne dispose d'une représentation diplomatique ont donné une réponse "positive", selon M. Moratinos, et le président iranien Mohammad Khatami s'est dit prêt à participer activement à l'initiative.

L'Espagne souhaite la conclusion d'une "alliance stratégique" avec le monde arabo-musulman notamment destinée à lutter contre le terrorisme islamiste en le privant de ses "prétextes de légitimation", avait expliqué M. Moratinos en septembre aux ambassadeurs d'Espagne réunis à Madrid.
© 2004 AFP

Wednesday, October 13, 2004

Dur d'être un collabo français…Par Guy Millière

Dur d'être un collabo français…
8 octobre 2004 - Par Guy Millière © Metula News Agency

En suivant les péripéties de la société française, je suis amené à remarquer des choses à la fois inquiétantes et risibles, relevant d'une reconstruction imaginative de l'histoire. Une reconstruction dont la France me semble, malheureusement, coutumière mais qui me donne l'impression de s'accentuer soudain.

Lors de la commémoration du 60ème anniversaire du six juin, il était ainsi impossible de ne pas remarquer le caractère minimaliste et glacé des remerciements adressés par la France à l'Amérique. A en écouter le contenu, il paraissait évident que la France chiraquisée ne devait plus rien à l'empire américain. En une après-midi de cérémonies où on honorait des alliés, lorsque Chirac en a dressé la liste, celle-ci comprenaient la Belgique, la Pologne, le Luxembourg et le Liechtenstein, mais faisait curieusement l'impasse sur la patrie de George Bush.
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Sunday, October 10, 2004

Irak: les chrétiens massacrés par les fanatiques musulmans

Ninive (Agence Fides) - « Aidez-nous, ils nous massacrent ! Nous sommes persécutés ! ». C’est le cri des chrétiens en Irak, qui, ce matin est parvenu par téléphone en Italie. A l’autre bout du téléphone, en Irak, une famille chaldéenne qui vit dans le quartier de Al-Baker à Ninive dans le nord de l’Irak, près de Mossoul.
La nuit dernière, à 3 heures, la famille de Mazen Sako a été attaquée par une bande de musulmans fanatiques, vêtus de noir, qui ont fait irruption dans la maison en disant : « Nous sommes venus vous exterminer. Cela sera la fin pour vous, chrétiens ».
A la résistance opposée par Mazen Sako, a suivi une lutte, mais les militants ont tué le fils de Maze, Mage, âgé de 10 ans.
« C’est un exemple des dizaines d’attentats contre les chrétiens, qui ont lieu actuellement en Irak. Mais ici, personne ne peut dénoncer tout cela à cause de la peur ». Le témoignage parvenu à l’agence Fides continue : « Les femmes chrétiennes de Ninive sont elles aussi menacées par des groupes fondamentalistes islamiques, et sont contraintes de porter le voile, surtout à l’approche du Ramadan ».
Notre source demande : « Il y a trois jours, 7 jeunes chrétiens ont été tués à Bagdad. Ici, on se demande : quel est l’avenir des chrétiens en Irak ? Qui s’en occupe ? Plus de 40.000 chrétiens ont fui en Syrie après l’attentat contre les églises au début du mois d’août. Que pouvons-nous faire. Nous avons peur pour notre vie ».
La ville de Ninive compte environ 25.000 habitants, presque tous des catholiques chaldéens. L’an passé, durant la guerre, plus de 10.000 chrétiens de Bagdad se réfugièrent dans la ville pour fuir la violence. Il y eut alors une grande course à la solidarité pour les réfugiés…. Et aujourd’hui ? (P.A.)
(Agence Fides, 6 octobre 2004, 27 lignes, 338 mots)

Arabie Saoudite: la musique est contraire à l'islam

RYAD, 10 oct (AFP) - Arabie: des religieux jugent un spectacle musical d'enfants contraire à l'islam

Une cinquantaine de religieux saoudiens se sont retirés dimanche de la cérémonie d'ouverture d'un séminaire sur l'enfance à Ryad pour protester contre l'organisation d'un spectacle musical d'enfants jugé contraire à l'islam.

"Dieu ne pardonne pas cela (le spectacle)", a dit un religieux s'adressant au ministre de l'Education Mohamed ben Ahmed al-Rachid qui visitait une exposition organisée à l'occasion du séminaire, a constaté un correspondant de l'AFP.
"Je suis un musulman comme vous. Mais vous ne voulez pas que (...) je sois
satisfait", a répondu le ministre.

Une cinquantaine de religieux se sont retirés de la cérémonie d'ouverture du séminaire inauguré par le gouverneur de Ryad, le prince Salmane ben Abdel Aziz, au début d'un spectacle d'une dizaine de minutes présenté par des écoliers.

Les conservateurs en Arabie saoudite considèrent la musique contraire à l'islam, bien que les médias officiels émettent de la musique et des chansons.

L'Arabie saoudite est régie par la loi islamique et les conservateurs tentent d'entraver les mesures timides du gouvernement en direction d'une ouverture et de réformes.

Dimanche, le gouvernement a lancé une mise en garde aux expatriés non musulmans affirmant qu'ils seraient expulsés s'ils mangeaient, buvaient ou fumaient en public entre le lever et le coucher du soleil au cours du mois de jeûne du Ramadan qui commence à la mi-octobre.

Tariq Ramadan dévoilé



Commander le livre Tariq Ramadan dévoilé

La takia ( dissimulation) de Tariq Ramadan,

Faux intellectuel et vrai militant islamiste

Ce document, considéré comme un hors série de Lyon Mag' est un livre, écrit par un journaliste et préfacé par Soheid Bencheikh, grand mufti de Marseille.

La préface n'est pas inintéressante, puisque l'auteur, musulman et « dignitaire » donne le ton par le titre même de son texte : « La République doit affirmer ses valeurs ».

Ce livre d'actualité, œuvre d'un enquêteur dévoile effectivement le jeu de Tariq Ramadan :

les liens tissés avec les intégristes les plus radicaux d'une part et l'opération charme plus ou moins réussie en direction d'intellectuels tiers mondialistes ou laïques d'autre part…

Il commence par l'histoire de ce personnage qui a su occuper le terrain médiatique, sa filiation et ses liens pas seulement généalogiques mais politiques avec son grand-père Hassan Al Banna fondateur des frères musulmans et son père Said Ramadan.

Il ne s'agit pas de sortir des banalités comme « tel père tel fils » mais d'indications précises, de citations, de déclarations faites par Tariq Ramadan qui montrent que cet héritage politique existe et est revendiqué.

C'est aussi tout l'intérêt du livre car l'auteur affirme et sort les références exactes…Il a d'ailleurs raison, c'est une question de déontologie et nous commençons à savoir que cet « intellectuel » n 'hésite jamais à recourir aux tribunaux.

C'est en septembre 1993 que Ramadan a commencé à faire parler de lui en faisant interdire la sortie à Genève d'une pièce de Voltaire appelée : « Mahomet ou le fanatisme »…

Cette pièce écrite en 1741 était une critique de la hiérarchie catholique de l'époque et non une attaque contre l'islam…Le plus étonnant dans cette affaire qui a défrayé la chronique en Suisse c'est que Tariq Ramadan ait pu obtenir des soutiens de la part de la gauche.

C'est le tout début de la carrière d'un dissimulateur qui côté cour fait des grandes déclarations sur la modernité, se liant d'ailleurs avec des courants alter mondialistes peu regardant et côté jardin forme et organise les intégristes et étend son influence sur les cités.

Mais malheureusement pour lui, il n'évite pas les dérapages à la télévision comme lorsque qu'il demande un moratoire sur la lapidation ! et surtout ses livres et cassettes sont largement diffusées.

Certaines de ses positions sont aujourd'hui connues, elles ont été dévoilées par de nombreuses féministes de toutes origines qui ont vite saisi la véritable nature de ce prêcheur au sourire charmeur.

D'autres positionnements, d'ailleurs très réactionnaires, et encore l'adjectif est un euphémisme sont présents dans ses ouvrages comme « la conception islamique de la sexualité »

Lionel Favrot cite et commente : « …Ce prêcheur expérimenté sait jouer sur les mots et mettre en avant de fausses ouvertures. Ainsi, il répète souvent qu'il faut se débarrasser d'un certain nombre de « traditions ». Ce qui pourrait faire croire qu'il souhaite faire évoluer la religion musulmane. Mais en fait, pour lui, cette évolution ne doit concerner que des pratiques abusivement présentées comme islamiques, que le Coran n'a jamais imposées. Exemples : l'excision que Ramadan se contente de tolérer à condition d'inciser « légèrement » le sexe des femmes. »… !

Et dire que des militant(e)s et militants alter mondialistes ont invité cet individu à discuter fraternellement avec Tariq Ramadan !

Ce livre est contribution importante, d'autres ouvrages apporteront certainement d'autres éclairages sur ce personnage qu'il nous faut absolument combattre, car derrière le sourire, se profile une idéologie réactionnaire des plus dangereuses !

Jean-François CHALOT